Accessibilité des Personnes Malvoyantes ou Aveugles (PMA)

Il existe plusieurs équipements à mettre en place afin de permettre aux Personnes Malvoyantes et Aveugles de se déplacer normalement, et en toute sécurité, à minima dans les lieux publics et Etablissements Recevant du Public. Ces obligations s’inscrivent dans une logique d’accessibilité globale pour tous, visant notamment à réduire les inégalités.

Ces dispositifs sont également considérés plus globalement, pour les Personnes à Mobilité Réduite (PMR).

Les équipements incontournables à mettre en place sont d’une part un dispositif de guidage pour aider le déplacement de ces personnes (pouvoir identifier l’axe à emprunter), et d’autre part un moyen de les alerter des dangers immédiats et changements (escalier, route…) comme les zones podotactiles. 

Il existe d’autres dispositifs recommandés, notamment dans les ERP, mais nous nous concentrerons ici sur ces 2 équipements principaux.

Les principales lois et normes sur ce type de dispositif sont la loi sur l’accessibilité du 11 février 2005, la norme NF P98-352 (bande de guidage), la norme NF P98-351 (bandes podotactiles) et l’arrêté du 8 décembre 2014. 

Elles imposent de tels équipements dans les ERP (Etablissements Recevant du Public), sur les quais, arrêts de transports en commun, dans les espaces publics et pour les bandes podotactiles, également devant les passages piétons, les escaliers (même de 3 marches) ainsi que (depuis 2017), tapis roulants, plans inclinés et escaliers mécaniques.

Les bandes de guidage ou Bandes d’Aide à l’Orientation

Les bandes de guidage permettent de fournir un axe de déplacement, visuel et tactile, aux Personnes Malvoyantes et Aveugles. Elles sont constituées de plusieurs nervures qui se détectent facilement à l’aide d’une canne ou simplement de ses pieds. Elles constituent un chemin continu de type rail de guidage à suivre visant à atteindre sa destination.

Afin de ne pas créer de confusion et pouvoir bien être utilisé, il ne doit par conséquent pas y avoir d’obstacle sur ce parcours, et ce sur une largeur minimum d’1,40 m au niveau de la bande de guidage.

Leur implantation est régie par diverses règles, la plupart étant communes aux bandes pour intérieur ou extérieur, mais variant un peu selon la catégorie d’ERP.

Les bandes de guidage ont à montrer un chemin clair. Aussi, les nervures doivent être implantées en continu et dans le sens du déplacement. Il est indispensable de bien signaler la fin du parcours (la bande s’arrêtant alors 70 cm avant le point d’arrivée), mais aussi les changements de direction. En cas de continuité via un axe unique pour ce parcours, les bandes doivent alors juste changer nettement de sens soit au cœur de l’angle soit par un changement évident de l’orientation des nervures à 90 degrés. Lorsque plusieurs itinéraires sont possibles, il faut alors l’indiquer spécifiquement, pour laisser choisir la bonne suite de circuit, ce qui s’effectuera par un espace vide (70cm ou 90 cm selon le type de bande, de 4 ou 3 nervures). 

Par ailleurs, lors de risques spécifiques et/ou obstacles, la bande d’aide à l’orientation doit s’arrêter suffisamment avant : ainsi, un espace d’1 mètre doit être respecté avant un passage piéton, une porte, un escalier…

Il existe différents types de bandes de guidage : à 4 nervures, à 3 nervures (attention, pour pouvoir être implantées conformément à la norme NF P98-352, elles doivent aujourd’hui être installées par 2, espacées de 37 à 50 cm). Les barrettes sont également intéressantes car proposées dans de nombreux matériaux (et donc potentiellement plus esthétiques), tout en respectant les normes de bandes de guidage.

De plus, les bandes de guidage peuvent être en diverses matières. Selon les modèles, elles présenteront des atouts spécifiques, selon leur lieu d’implantation, de pose, de durabilité, de sécurité antidérapante…

Enfin, l’implantation des Bandes d’aide à l’orientation doit aussi prendre en compte l’écoulement des eaux, expliquant un espacement dimensionné également pour cela.

Les zones podotactiles (dont bande podotactile)

Une zone podotactile est un dispositif tactile implanté au sol, constitué de petits plots installés à distance égale, que les personnes malvoyantes et aveugles (PMA) pourront facilement ressentir à l’aide de leur canne et/ou en marchant dessus. Elles servent à alerter ces personnes déficientes visuelles d’un obstacle ou d’un danger imminent lors de leurs déplacements à pied : traversée de route, escalier, porte, quai de gare …

Elles peuvent se présenter soit sous forme de bandes, de dalles ou d’ensembles de clous podotacticles. Les bandes podotactiles sont également appelées Bande d’Eveil de Vigilance (BEV).

Elles sont obligatoires et réglementées au regard de l’arrêté du 8 décembre 2014 et par la norme NF 98-351.

Elles doivent répondre à plusieurs critères de visibilité, dimensions et leur implantation. 

La zone podotactile doit être la plus visible possible, afin de permettre aux personnes malvoyantes de l’identifier également visuellement. Par conséquent elle doit être d’une couleur qui contraste avec le sol sur lequel elle est présente (70% minimum). 

Elle sera généralement blanche, notamment sur les trottoirs avant les passages piétons, et parfois d’autres couleurs sous réserve d’être bien visibles (jaune, noir ou gris) mais plutôt en intérieur (s’adaptant aux couleurs plus variées des sols).

Voici les principales règles de constitution et implantation de ces bandes podotactiles :

  • Etre implantées parfaitement parallèlement à la bordure du trottoir, du quai…
  • Etre installées à 50 cm du quai, trottoir, de la marche (haut de l’escalier et à chaque palier intermédiaire)… Dans certains cas, quand le recul est insuffisant, cet espace peut être réduit à un giron (=environ 28 cm).
  • Les plots doivent être de 25 mm de diamètre de base, en forme de dôme, hauts de 5mm (restant ainsi également franchissables par les PMR), disposés en quinconce.
  • Il existe 2 formats de bandes : de largeur standard (avec des lignes de 8 plots en quiconque sur une largeur de 58,75 cm), ou réduite (alternances de lignes de 6 et 5 plots, sur une largeur de 40 cm). Cette dernière s’utilise notamment devant certains lieux étroits, sur des îlots refuges, des trottoirs d’1,90m de large ou moins…
  • La jonction entre plusieurs bandes doit respecter la continuité de disposition des plots.
  • Cette surface cloutée doit être antidérapante.

Divers modèles existent : de différentes matières, elles peuvent se coller, se thermocoller, se fixer par vissage, se sceller… Dans tous les cas, elles doivent être parfaitement fixées au sol.

En cas d’utilisation de clous podotactiles (vs. bandes préfabriquées), il est essentiel de respecter le positionnement des clous entre eux, ainsi que la largeur de la bande, d’où l’intérêt d’utiliser un gabarit.

Il existe une exception pour les quais : ces bandes sont obligatoires sauf si le quai possède déjà un système de protection physique, ou qu’il est d’une hauteur inférieur à 26 cm. De même, elle s’implante lorsque la hauteur du trottoir, de la bordure (…) est inférieure à 50 mm, un ressaut de cette hauteur minimum pouvant alors être détecté sans zone podotactile.

A noter, afin de renforcer cette prévention pour les escaliers, il est également conseillé d’installer des nez de marche. Ceux-ci peuvent être de différents types, avec ou sans contremarche, en inox, photoluminescent…

Pour en savoir plus et installer vos dispositifs PMR, nous vous invitons à nous contacter. Nos experts vous conseilleront pour toutes vos solutions de marquage au sol et autres équipements d’accessibilité et de signalisation PMR.

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